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20-05-2012
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LA 3eme JOURNEE MONDIALE DE L’HYGIENE DES MAINS Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
071.jpgLe jeudi 05 mai 2011 s’est tenue la 3ème JOURNÉE MONDIALE HYGIÈNE DES MAINS dans les établissements de santé à  la salle Télémédecine de l’Hôpital de Fann, sous la présidence du Ministre de la Santé et de la Prévention : la pratique de l’hygiène des mains au lieu de soins.

La cérémonie a commencé par une allocution de bienvenue du directeur du Centre Hospitalier National Universitaire (CHNU) de FANN Monsieur Saliou DIALLO selon qui FANN a été retenu comme Hôpital pilote par l’OMS. Mr Saliou DIALLO a mis en exergue l’importance du lavage des mains dans la lutte contre les infections nosocomiales. Et ceci concerne autant le malade que le personnel soignant. Il a souligné qu’un bon lavage des mains faisait reculer de moitié les risques de contracter ce genre d’infections.

coord_pronalin_077.jpgIl a identifié deux leviers pour palier à ce fléau dans les établissements de santé :
-    Le CLIN : Comité de Lutte contre les Infections Nosocomiales ;
-    La Pharmacie : fabrication de solutions hydro alcooliques.
L’Hôpital de FANN a déjà débuté la production de solution hydro alcoolique (SHA). Ainsi, le directeur a affiché le souhait à terme d’approvisionner d’autres structures de santé.

Il s’en est suivi une visioconférence en direct du siège de l’OMS à Genève (SUISSE) avec le Docteur Didier PITTET et sa collaboratrice. Il a félicité ses homologues sénégalais ainsi que les innovateurs qui trouvent des manières de se laver les mains avec très peu d’eau. Selon lui le Sénégal est un pays très avancé en matière d’hygiène des mains. Le projet de l’OMS s’appelle : SAVE LIVES : CLEAN YOUR HANDS. Une auto évaluation à été proposée au CHNU de FANN et il a invité l’Hôpital à lui transmettre les résultats de cette enquête.
Le Docteur Benoit Vanhercke a fait une démonstration sur l’utilisation du CANACLA. Une nouvelle manière de se laver les mains en utilisant 30 fois moins d’eau.

Le Dr PITTET avait pris le soin de transmettre une vidéo au CHNU de FANN au cas où la visioconférence n’aurait pas pu être établie. L’enregistrement fut visionné par la suite. Le Dr PITTET  indique que 11543 hôpitaux et centres de soin avaient participé à la journée mondiale hygiène des mains en 2010.Il a émis le souhait que 2011 soit une année d’action. Selon lui, il faut un modèle d’autoévaluation pour mesurer et promouvoir l’hygiène des mains :
-    Où en est-on ?
-    Que voulons-nous obtenir ?
-    Qu’obtenons-nous ?
Cette autoévaluation permettra de mesurer les problématiques liées à l’institution, de réfléchir à comment améliorer et à célébrer le succès des actions menées.

Ensuite, le Président de l’Alliance Nationale pour la Sécurité des Patients (ANASEP) a édifié l’assistance sur la mise en place depuis 2009 de cet organe qui a subi un réaménagement ce qui du reste l’a rendu moins visible ces derniers temps. C’est pourquoi il a tenu à remercier le Programme National de Lutte contre les Infections Nosocomiales (PRO.NA.L.I.N) de l’avoir invité ce qui traduit  l’expression de l’intérêt porté aux malades dans le cadre de la journée d’hygiène des mains.
L’ANASEP est là pour aider et veiller sur les patients en collaboration avec les professionnels. L’ANASEP est présente dans toutes les régions.

Prenant la parole, madame la Représentante de l’OMS au Sénégal a souligné le fait que l’hygiène des mains est souvent mise de côté dans les établissements de santé et de soins en raison de l’insuffisance financière dont ils souffrent. La prévalence des maladies nosocomiales est de 30  à 60% et est la 3ème cause de mortalité maternelle en Afrique. Le comportement des personnels de santé est aussi directement responsable de la transmission de maladies comme l’Hépatite B et le SIDA.
Elle a tenu à féliciter le Sénégal qui est dans le peloton de tête pour l’application des recommandations de l’OMS. Elle a par la suite déclaré que la sécurité des patients doit passer par la formation à l’hygiène des mains car les maladies nosocomiales touchent aussi les pays les plus avancés comme le Royaume-Uni ou les Etats-Unis. C’est donc un défi mondial.

L’interruption de séance s’est faite à 10h30 avec le départ des autorités. Après cette courte pause le Président a tenu à relativiser les propos car même si le Sénégal figurait parmi les pays les plus impliqués dans l’hygiène des mains, sur le terrain il reste beaucoup à faire.

Le Professeur Babacar NDOYE (coordonnateur du PRONALIN) a ensuite présenté les résultats de son analyse :
1)    Le changement de système avec les solutions hydro alcooliques
2)    L’éducation et la formation
3)    L’évaluation et la restitution des résultats
4)    Le rapport sur le lieu de travail
5)    Culture institutionnelle de la sécurité     
Pour un travail efficient et objectif dans l’évaluation, le PRONALIN a défini des intervalles de mesure :
Inadéquation :          0 à 125 points
Basique :                 126 à 250 points
Intermédiaire :         251 à 275 points
Avancé :                  276 à 300 points

Parmi les 18 Hôpitaux évalués, c’est l’Hôpital Principal de Dakar qui a eu le meilleur résultat avec 190 points suivi de près par le CHNU de FANN. Cependant ils restent tous deux dans la tranche BASIQUE. Ce qui est nettement insuffisant.

Ce fut au tour du Collaborateur du directeur de la Pharmacie Nationale d’Approvisionnement (PNA) de prendre la parole. La PNA a été créée en 1954 avec un statut d’Etablissement Public de Santé(EPS). Elle assure trois activités :
-    La sélection de médicaments : c’est essentiellement des médicaments génériques ;
-    L’acquisition de médicaments : par appel d’offre en grande majorité (95%) ;
-    La distribution des médicaments : elle est présente dans les 11 régions du Sénégal.

La PNA ne dispose que de l’alcogel aux normes européennes. Lors de la dernière épidémie de choléra la PNA avait acquis 5000 flacons en urgence en faisant un appel d’offre sur entente. Ce qui a eu pour effet de hausser un peu plus le prix (5000 FCFA le flacon de 500 ml).
Pour palier à cela, plusieurs solutions ont été proposées :
-    Subvention de l’Etat ;
-    Plan de quantification des besoins ;
-    Sensibilisation de tous les acteurs ;
-    Intégration dans la liste nationale des médicaments pour acquisition ;
-    Revoir la réglementation pour les hôpitaux.

Il nous a ensuite été présenté le programme APPS de l’OMS au Sénégal par le docteur N’deye Mery DIA BADIANE du service des Maladies Infectieuses du CHNU de FANN. En 2005 est lancé le premier défi pour la sécurité avec l’APPS. Mais ce n’est qu’en 2009 que le programme APPS débute en Afrique. Son objectif est la concentration sur la sécurité des patients. Le slogan est : « Ensemble pour des soins plus sûrs ».
Il faut favoriser la formation, la rédaction de protocoles afin de lutter contre les infections. Voici le plan d’action proposé :
1)    Fabrication locale de la solution hydro-alcoolique
2)    Formation des formateurs
3)    Elaboration et diffusion de documents
4)    Formation du personnel soignant
5)    Spots destinés aux accompagnants et aux patients
Pour la mise en application dudit plan, deux périodes de six (6) mois ont été choisies pour les différents secteurs suivants :
*Le premier semestre (0 à 6 mois) : CHNU Fann
*Le deuxième semestre (6 à 12 mois) : Hôpitaux de Dakar
En ce qui concerne les districts de santé et les régions, une période de douze mois a été jugée nécessaire (12 à 24 mois).

Par ailleurs, l’importance de l’état d’avancement a aussi été soulevée :
La réalisation d’une analyse situationnelle
L’atelier de formation à Bamako
L’atelier de travail sur l’hygiène des mains à Genève
L’enseignement à distance
La formation du personnel soignant de FANN
La formation des accompagnants

Des enquêtes ont été aussi  réalisées pour une meilleure connaissance du personnel sur l’hygiène des mains et une autre sur la prévalence « un jour donné » sur les infections nosocomiales.
 
Pour la gestion des déchets il faut un incinérateur. Il faut effectuer un état des lieux sur la gestion des déchets hospitaliers.

Le Sénégal fait partie des pays de la première vague choisi par l’OMS avec le Mali et le Cameroun.
Il y a une décentralisation de l’expérience APPS. Le but étant la diminution des infections nosocomiales.

Pour y parvenir, un partenariat public/privé semble indispensable. Donc, il faut un budget qualité des soins.

Interrogations et Suggestions du public :

Problème de présentation et de péremption des solutions hydro alcooliques.
Problème d’accessibilité financière de ces produits qui ne sont pas des médicaments.
Préconisation d’échanges d’expérience avec l’hôpital de MBORO notamment.
Il faut aussi cibler les restaurateurs et personnels d’entretien.
Vérifier la formation, ne pas faire oublier l’importance du lavage des mains avec le savon.
Sensibiliser les médias.

Il faudrait mettre en place sur le marché des solutions hydro alcooliques locales.
Prix compétitifs proposés par Valdafrique.
Risque de fraude au niveau de la date de péremption.
Il faut privilégier l’accessibilité aux patients.
Il faudrait une fabrication locale des flacons d’emballage.
Ayant fait le tour des questions, le président déclara la séance levée à treize heures et trente minutes et invita l’assistance à prolonger la commémoration  de cette 3eme journée internationale de l’Hygiène des mains en prenant part au déjeuner prévu en leur honneur.

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